la disparition
Pendant dix ans, j'ai photographié Paris, ses dalles et ses interstices, avant de quitter Paris et de disparaître de la photographie et du territoire pendant vingt ans. À mon retour, j’ai repris l'appareil comme je l'avais posé : par la force des choses, face à la présence renouvelée de la ville, et j'ai enfin compris ce que je photographiais : la ville comme infrastructure totale, et le peu de place qu'elle laisse à l'individu. Les corps y sont absorbés, réduits, presque effacés.
Ce projet documente une disparition : celle de l'échelle humaine.
Je photographie la position de l'individu dans les structures de la ville et sa disparition progressive dans ces structures. Les figures humaines sont minuscules, l'architecture est dominante, les espaces sont géométriques, parfois fermés, souvent illisibles. Les individus ne contrôlent pas l'espace, ils sont portés par lui, canalisés, absorbés. La ville ne les a pas prévus — elle les a rendus superflus.
La disparition prend plusieurs formes dans ce travail : l'absorption, l'errance, l'enfermement, l'invisibilité...
Comment existe-t-on dans un espace qui organise tout sauf la présence humaine ?














